FOCUS+

Les ateliers d’Alice Oplatka ou comment réaliser des merveilles à partir de récup’ ?

Découverte lors de la Fête de la Récup’, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Alice Oplatka et connaitre un peu mieux son activité 😊. Nous nous sommes retrouvées à la Trockette, un café atelier, juste avant le début de son atelier de bijoux : créer des boucles d’oreilles à partir de chutes de cuir et de capsules Nespresso !

sustinable_atelieroplatka2

Tous les outils pour créer !

Avec mes 35 minutes de retard 😅, je rentre d’abord à la Petite Rockette. Ne voyant pas Alice, je l’appelle, elle m’indique qu’elle est au café juste à côté et fait partie de la même association. J’apprends alors que le café la Trockette organise régulièrement des ateliers autour de la récupération de toute sorte mais aussi des activités type cours de yoga, expositions etc. pour tous ses membres et que la Petite Rockette est une ressourcerie avec un  magasin solidaire et des ateliers de sensibilisation à l’environnement.
Contente de voir que je porte l’une de ses créations autour du cou, j’ajoute même que je le porte régulièrement au bureau et que beaucoup l’ont trouvé très joli. Nous nous tutoyons, commandons nos limonades bios et commencent alors nos échanges !

Tina : Comment t’es venue l’idée de créer des bijoux ?
Alice : C’était il y a environ 8 ans, lorsque j’ai commencé à me faire mes propres bijoux fantaisies et que mes collègues ont commencé à m’en demander. J’ai alors créé des bijoux fantaisies pour d’autres personnes que moi-même, surtout sur la période de Noël. Mais je n’ai pas fait ça très longtemps, c’était plus un hobby.

Tina : As-tu toujours été dans les bijoux ?
Alice : Et bien non. J’ai commencé mes études avec une formation en modélisme. Etant donné que ce n’était pas facile de trouver des débouchés, j’ai poursuivi mes études en école de commerce. Je suis alors devenue acheteuse dans la grande distribution. J’étais responsable de l’approvisionnement des accessoires (des boutons, des zips, etc.) et des tissus. Tout ça m’a permis d’enrichir mon expérience et mes connaissances dans l’industrie du textile.

Tina : Et comment t’es venue l’idée de faire des accessoires à partir de recup’ ?
Alice : Après 10 ans dans le textile, j’ai suivi une formation en broderie dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Avec ma précédente expérience j’ai développé mon propre réseau. En plus de mon activité de freelance en broderie en haute couture, je fais du bénévolat depuis maintenant 2 ans dans une ressourcerie. Avec les autres bénévoles, nous trions les dons reçus. Cette ressourcerie organise des ateliers permettant ainsi de sensibiliser les gens aux problématiques de récupération. Ils cherchaient des nouveaux ateliers originaux et ils ont fait appel à moi. J’ai alors eu cette idée de faire des bijoux à partir de matériaux récupérés, notamment auprès d’industriels, et j’ai lancé mes ateliers en Septembre 2016. Grâce à mon réseau, je récupère les chutes de textiles, notamment des cuirs ; et j’ai des amis et anciens collègues qui me fournissent des capsules Nespresso, car je n’en consomme pas.
Tous les bijoux que tu as pu voir à la Fête de la Récup’, je les ai créés pour les ateliers. Ce ne sont pas des bijoux que je prévoyais de vendre. Pour le collier que tu as autour du cou, il est très long à faire ; il me prend environ 1h à 1h30 mais pour les participants au moins une demi-journée. Je ne fais pas cet atelier très souvent et il faut être assez manuel. Mon atelier maroquinerie a plus de succès, il attire plus de monde et il est plus accessible pour des débutants. Il intéresse aussi bien des hommes que des femmes.

Tina : Avec l’expérience, j’imagine que tu arrives à mieux mesurer les niveaux requis ?
Alice : Oui, comme ça personne ne part déçu de son projet. Ça demande beaucoup d’organisation ! Je fais des ateliers pour une ressourcerie, mais aussi ici dans ce café. J’en ai même fait un dans le cadre d’un team building.

Tina : Tu parlais de récupérer les chutes. J’imagine qu’il y en a beaucoup dans l’industrie du textile ?
Alice : Oui malheureusement ça fait partie du secteur : les découpes, les modèles etc. surtout avec le cuir. Réussir à minimiser les chutes n’est pas toujours évident. Mais tout ça se réutilise ! Ca demande de l’imagination et bien sûr du temps. Les chutes que j’utilise dans mes ateliers sont données dans le cadre d’un partenariat. Je sensibilise les industriels en leur disant que pour eux ce sont des déchets mais que pour d’autres c’est une ressource. Je les invite aussi à se tourner vers La Réserve des Arts qui fait la même chose. Ils récupèrent des déchets très divers, du bois, du métal, des présentoirs de magasins, du cuir, du tissu, des boutons, des fils etc. Ils les revendent à des professionnels au poids. C’est l’équivalent d’une ressourcerie mais en termes de matières pour les professionnels. Ils ont installé un atelier dans leur entrepôt pour que les matières puissent être testées par les professionnels.

sustinable_atelieroplatka

Alice et ses participantes en plein ouvrage 🙂

Tina : Avec tes ateliers, c’est vraiment top, parce que du coup tu transmets aux autres et en même temps tu sensibilises tes participants aux enjeux de développement durable. C’est quelque chose d’important pour toi ?
Alice : Oui en plus je voulais être prof ! Ça va faire maintenant 4-5 ans que je m’habille dans des friperies et ces sujets sont vraiment importants surtout aujourd’hui. Mon mode de vie du coup me permet d’avoir un emploi du temps où j’alterne mes projets en haute couture en période de collection, en dehors des périodes de collection j’anime mes ateliers avec la ressourcerie. Ces ateliers me permettent aussi de sensibiliser les participants sur le fait qu’il y a énormément de déchets dans les processus industriels.

Tina : Avec mon blog, j’essaie aussi de sensibiliser les gens sur ces enjeux sans culpabiliser ni moraliser, et en y mettant un ton plus fun, à travers des initiatives plus ludiques. Tu as d’autres projets en tête pour la suite ?
Alice : Concernant les ateliers j’ai rencontré quelqu’un lors de la Fête de la Récup’ qui m’a proposé de m’aider à mettre à jour mon site, je suis super contente. Sinon, avec une amie, on aimerait faire un vrai comparatif entre les 2 modes de vie : avec bio et sans bio. Pour ma part je ne suis pas 100% végétarienne avec ce projet on aimerait montrer aux gens que de bien manger ça ne coûte pas plus cher. Par exemple, acheter bio, de saison, de la viande de qualité plutôt que des trucs moins chers ça ne revient pas plus cher. Et ce qui compte c’est de faire des petits gestes ! Tout compte et on ne sera jamais à 100% zéro déchet.

Tina : Les premières participantes arrivent…
Alice : Oui je vais installer le tout ! Tu peux venir si ça te dit !

Tina : Avec plaisir !

Lien utile : L’Atelier Oplatka sur facebook

 

Commonplaces Art Gallery : la galerie des talents émergents !

commonplaces-asbl-logo-site

Inaccessible. Voici le premier qualificatif qui nous vient à l’esprit lorsque l’on pense à l’art. Ce même constat Silvia Camurato et Shirley Chantraine l’ont également fait. L’impact ? Les nouveaux artistes en patissent. A partir de là, naît une idée : la création d’une galerie ayant pour objectifs de faire découvrir les artistes émergents et remplacer le terme “inaccessible” par plaisir. Au-delà d’être un moyen d’expression fort, le travail des artistes est également un moyen de communication sur les problématiques de développement durable. J’ai eu la chance de rencontrer ces entrepreneuses amoureuses d’art au cours d’un vernissage tenu à Paris. Je vous laisse découvrir notre interview.

team-commonplaces-art-gallery

Silvia et Shirley

1. Tina : Votre objectif est de faire découvrir le talent d’artistes émergents résidant en Belgique. Pourquoi et comment vous est venue cette idée ?
Silvia & Shirley : Commonplaces Art Gallery, c’est avant tout l’histoire d’une passion commune et le travail acharné et bénévole d’amoureux de l’art. En 2013, lorsque la galerie a été créée, nous voulions aider les artistes émergents et inconnus (ou peu connus) à se faire connaître en Belgique et à l’étranger. Beaucoup de galeries ont aujourd’hui oublié leur rôle fondamental d’accompagnement de l’artiste. Elles se comportent comme des supermarchés, où l’œuvre d’art est une simple marchandise détachée de son créateur. Nous ne voulions absolument pas suivre ce modèle, dénué de sens pour nous. Nous voulions une galerie à dimension humaine, où l’artiste occupe une place centrale.
C’est pourquoi, nous avons créé une structure permettant aux artistes de promouvoir leur travail en ligne et à travers des expositions pop-up. Plus encore, nous leur offrons un encadrement leur permettant de poser des mots sur leur démarche artistique et une vidéo documentaire. Ils disposent ainsi de matériel leur permettant de promouvoir leur travail. Bien sûr, la galerie doit pouvoir subsister financièrement. En ce sens, nous proposons également leurs œuvres à la vente. Bref, acheter une œuvre chez Commonplaces, c’est soutenir les artistes de Belgique, car l’ensemble de nos bénéfices sont réinvestis dans les expositions.

2. Tina : Et pourquoi la Belgique ? Pensez-vous élargir votre activité vers d’autres pays ?
Silvia & Shirley : Simplement parce que nous vivons en Belgique et que nous aimons ce pays. Si nous pouvions déjà améliorer un peu les choses autour de nous, dans notre pays, nous en serions déjà ravies.
Toutefois, Commonplaces expose parfois à Paris. Nous sommes bien sûr ouverts à l’idée de travailler à l’étranger, mais nous avons actuellement pris le parti de ne représenter que des artistes belges ou résidant en Belgique. C’est un peu notre marque de fabrique.

vernissage-vis-a-vis

Vernissage organisé par Commonplaces Art Gallery

3. Tina : Beaucoup d’artistes ont mis les enjeux économiques, environnementaux et sociaux au cœur de leur art. Pensez-vous que l’art reste un bon moyen de communication pour sensibiliser les gens ? Pourquoi ?
Silvia & Shirley : L’art est un excellent moyen de communication. Il permet de véhiculer un message « qui ne connaît point de frontière », comme le dirait Victor Hugo. A ce titre, l’art peut sensibiliser les gens à des phénomènes dont ils n’ont pas conscience ou leur présenter les choses sous un nouvel angle. C’est ce que nous tentons de faire avec les artistes lorsque nous concevons nos expositions. Nous les voulons chacune comme autant de laboratoires artistiques, où le spectateur est invité à s’interroger sur une thématique particulière.

4. Tina : Selon vous, existent-ils d’autres aspects de l’art qui contribueraient au développement durable ?
Silvia & Shirley : L’art peut certes être un moyen de conscientiser à la nécessité de penser en termes de développement durable. Cela se fait d’ailleurs souvent à travers des expositions ou des performances. Mais l’art peut faire plus, à notre avis. Les artistes ont le pouvoir d’embellir les choses et les cités, on devrait plus souvent faire appel à eux pour ce genre de chose. Pensons par exemple aux arbres à vent, ces drôles d’éolienne citadine… et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

5. Tina : Au moment de votre lancement, quels ont été les challenges que vous avez rencontrés ?
Silvia & Shirley : Les challenges furent nombreux. Commonplaces est une association sans but lucratif. Nous avons pris le parti de placer notre focus sur l’humain avant le commercial, mais il faut également que la galerie puisse survivre financièrement. Notre premier et plus grand challenge fut donc de parvenir à maintenir en permanence un juste équilibre entre nos services offerts aux artistes et la viabilité financière de l’association. De plus, nous tenons à garder un haut niveau qualitatif dans ce que nous présentons au public.

6. Tina : Quels conseils donneriez-vous à un/une nouvel/le entrepreneur/e qui souhaite se lancer ?
Silvia & Shirley : Un seul : agissez avec passion, sens et bienveillance envers les autres ! Tout en visant le but que vous souhaitez atteindre, n’oubliez jamais que l’important, c’est le chemin qui y conduit.

Lien utile :

http://www.commonplacesartgallery.com/fr/

WWoW : DES ACCESSOIRES QUI ONT DU BON !

logoWWoW

Source : Fondatrice de WWoW

1. Tina : A la lecture de votre page Ulule, je comprends que cette idée vous est venue à travers vos voyages. Pourriez-vous partager avec nous le cheminement que cela a pris et quel a été votre déclic ?
Salomé : Oui tout à fait ! C’est en voyageant l’année dernière en Asie du Sud-Est je me suis rendue compte de la beauté des textiles traditionnels et de leur importance dans l’empowerment* des femmes artisanes. Je suivais le MOOC Devenir entrepreneur du changement (co-créé par HEC et Ticket for Change), et je me suis alors rendue compte que l’artisanat était la principale source des revenus des femmes, mais que, par manque de débouchés, il risquait de disparaître ! J’ai donc voulu le préserver en l’intégrant à des accessoires de mode contemporains qui valorisent les savoir-faire traditionnels.
En général dans la mode on voit des accessoires qui sont designés en France et fabriqués à l’étranger. J’ai voulu inverser le schéma, en gardant les designs originels des femmes du monde et en les fabriquant en France. Car, en y réfléchissant, je me suis rendue compte que j’avais déjà vu ces textiles ethniques chez des créateurs occidentaux mais sans que l’histoire des motifs ne m’ait jamais été révélée.

2. Tina : Vous mettez en avant vos valeurs « l’ouverture d’esprit, la curiosité, la transmission et la féminité » ainsi que votre engagement environnemental et social à travers votre collection d’accessoires féminins.  En quoi et pourquoi les problématiques liées au développement durable sont importantes pour vous ?
Salomé : J’ai été adepte de la fast fashion pendant très longtemps. J’ai fini par me rendre compte que je mettais tout le temps les mêmes vêtements et que je n’avais pas besoin d’une garde-robe si grande. Surtout que depuis l’incident du Rana Plaza, on sait dans quelles conditions sont fait ces vêtements « vite achetés, vite jetés ». La fast fashion tue à petit (voire grand) feu les ouvriers textiles, qui n’ont d’autre solution que de continuer à y travailler, alors même qu’ils ne touchent généralement pas un salaire vital (cf. www.quiestlamoinschere.org).
D’autant plus que l’environnement souffre avec les ouvriers. J’ai choisi de ne pas utiliser de matière animale pour protéger les animaux, mais aussi la planète. On parle souvent du cuir comme d’une matière noble. On oublie qu’il est responsable de la pollution des eaux. Pour tanner le cuir, des produits chimiques nocifs sont utilisés, et comme certains pays n’ont pas l’obligation de filtrer l’eau avant de la rejeter, même les personnes ne travaillant pas dans les tanneries sont affectées en utilisant l’eau des fleuves.
C’est très certainement en découvrant d’autres modes de vie lors de mes voyages que je me suis rendue compte des problématiques de développement durable, et que j’ai développé une certaine empathie. Je ne peux plus juste me dire que ça se passe ailleurs et que je ne suis pas responsable. Chacun de nos actes compte. On peut soit encourager les bonnes pratiques, soit renforcer un système qui profite à une minorité, et nuit globalement aux autres…

3. Tina : Les femmes sont au cœur de votre initiative. Pourquoi ?
Salomé : En tant que femme, l’égalité des sexes me tient beaucoup à cœur. Je vois les femmes se démener sur tous les fronts pour arriver au niveau des hommes, et recevoir très peu de reconnaissance pour leur résilience. Pour moi il était important de les remettre sur le devant de la scène et de montrer que oui, « les femmes portent la moitié du monde ».

4. Tina : Vous présentez la répartition de votre budget. Comme pour certaines marques telles que Everlane, la transparence semble également importante pour vous. Pourquoi ?
Salomé : La transparence pour moi est essentielle car c’est justement ce qu’il manque dans les marques de fast fashion. Ce qu’on ne voit pas c’est que si une petite trousse est vendue 10€ c’est qu’elle a coutée au plus 1€ à fabriquer, main d’œuvre comprise, et que c’est surtout la publicité qu’on paie. Si un produit est bien fait, il n’y a pas besoin d’utiliser du papier pour faire des 4x3m vantant ses mérites. Dans cette optique, l’exemple à suivre pour moi est Veja qui est d’une transparence absolue, aussi bien sur les avancées que sur les points de progression.
Aussi, je cherche à établir une relation de confiance avec la communauté, et pour moi cela passe par une transparence absolue. C’est pour cela aussi que j’essaie d’éviter de trop nombreux distributeurs, qui prennent une part considérable de la marge (bien que tout travail mérite salaire). L’objectif est vraiment de proposer des produits bien fait au prix le plus juste et sans que personne ne soit lésé, et cela passe par une relation directe et transparente.

5. Tina : Quels ont été les challenges que vous avez rencontrés au moment où vous vous êtes lancée ?
Salomé : Le lancement n’a pas été évident car je porte un projet social et solidaire, mais qui doit également être économique. Pour le secteur social, le projet est trop marchand. Pour le secteur marchand, le projet est trop social. Il faut donc réussir à passer entre les fils et créer une alternative viable. Heureusement, d’autres sont déjà passés par là, comme TOMS ou Perus et ce n’est pas complètement le brouillard.
L’autre difficulté a été de lancer le projet sans associés. Je suis entourée de nombreux partenaires, que cela soit la maroquinière avec qui je travaille les dessins, ou la chef de l’atelier d’insertion qui s’assure que les produits soient techniquement réalisables. Mais d’être une associée unique n’est pas toujours facile.

6. Tina : Qui et qu’est-ce qui vous inspire ?
Salomé : Au niveau des marques, je l’ai cité plus tôt, Veja m’inspire énormément pour leur transparence, et bien qu’ils utilisent du cuir animal. Patagonia est aussi une source d’inspiration car ils cherchent toujours à aller plus loin dans l’utilisation de matières innovantes et respectueuses de l’environnement.
Dans les personnes physiques, Emma Watson a ma gratitude éternelle car elle défend avec brio et style le féminisme et l’écologie. Si on pourrait douter de ses intentions premières, elle a désormais la possibilité de faire passer les messages qui lui tiennent à cœur et d’inspirer notre génération.
Je ne verserai pas dans le trop classique, mais le message de Gandhi reste incontournable :  « Be the change you want to see in the world » (Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde). Le changement commence par le changement de soi.

7. Tina : Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur souhaitant lancer son entreprise, orientée sur les problématiques de développement durable ?
Salomé : C’est à la fois une grande contrainte et un choix très facile ! Quand on a un objectif de développement durable très clair, toutes les décisions sont simplifiées car il faut seulement savoir si on va dans le sens de son objectif ou pas.
Parfois on a vraiment l’impression d’aller à contre-courant, mais quand le résultat est porteur de sens et qu’on sait que cela va améliorer certaines choses, c’est revigorant ! Je me suis toujours dit que si ma vie allait bien, alors je pouvais avoir un impact sur les autres. La citation d’Elisabeth-Anne Anderson Stanley reprise par Blake Mycoskie (ndlr : fondateur de TOMS) reste le message phare : « Savoir qu‘une vie a été facilitée parce que vous avez vécu. C‘est cela d‘avoir réussi. »


WWoW, la marque d’accessoires de mode éthiques co-fabriqués en France, qui s’engage pour les femmes

Pour suivre les actualités de WWoW :
http://www.wwow.fr/
https://lesexceptionnelles.com/
https://fr.ulule.com/wonder-women-of-the-world/
https://www.facebook.com/wwoworld/

*empowerment = émancipation

CUISINER SAIN ET BIO !

Les Popotes, c’est un service de livraison de paniers recettes, végétariens et biologique à cuisinier chez soi. Découvrez mon interview de Maxime, président et co-fondateur des Popotes !

1.  Tina : Comment vous est venue cette idée ? Par exemple, suite à la vue d’un documentaire, des allergies, prise/perte de poids etc.
Maxime : Il y a deux ans, on m’a demandé combien de litre d’eau je consomme par jour. Après un rapide calcul, je réponds que je devais consommer environ 100 litres d’eau par jour. On m’a répondu que j’étais totalement à côté de la plaque, et que je suis plus proche des 20 000 litres d’eau que des 100. Et on m’explique pourquoi.  Si l’on remonte la chaine de production d’un produit, on peut additionner toutes les ressources qui ont été nécessaires pour le fabriquer. On m’explique qu’un café dans un restaurant consomme en réalité 120 litre d’eau, un t-shirt 2500 ou encore qu’un kilo de bœuf nécessite 15 000 litre d’eau.  En appliquant rapidement se raisonnement, non seulement sur l’eau mais aussi sur la pollution ou les gaz à effet de serre, on prend la mesure de notre empreinte sur l’environnement. On se rend vite compte que l’alimentation est le geste quotidien qui a le plus d’impact sur l’environnement mais aussi sur notre santé.
Par exemple la production de viande génère plus de gaz à effet de serre que tous les transports confondus, les 2/3 des productions agricoles sont destinées au bétail et non à l’alimentation humaine. Alors que la viande ne nourrit que très peu de monde sur la planète. Il faut donc repenser son alimentation et sa consommation de viande.
Seulement ce n’est pas si simple. Pour beaucoup d’entre nous, et surtout en France, toute notre éducation gastronomique a tourné autour de la viande et du poisson. Une fois retiré de l’assiette, on est perdu.
Alors on a fondé les Popotes.  L’idée des Popotes c’est accompagner ce mouvement, en proposant un service de livraison  à domicile de paniers recette végétarien et biologique. Le fonctionnement est très simple, sur notre site Internet, vous choisissez 4 recettes qui vous font envie. Et nous vous livrons, en camion électrique, tous les ingrédients ainsi que les fiches recettes correspondantes.
Les Popotes veulent faciliter les tâches à tous ceux qui souhaitent avoir la même démarche que nous, en proposant des recettes conçues par une cheffe et une nutritionniste. Notre slogan c’est “la cuisine gourmande et responsable”, parce que choisir son menu pour ses convictions c’est bien, mais en se faisant plaisir c’est encore mieux !
Imaginez l’impact que cela aurait si, à nous tous, nous décidions de manger au moins 4 repas sans viande par semaines ?

2.  Tina : Sur votre site, vous mettez en avant l’intérêt de bien consommer, le respect de l’environnement à travers le mode de transport et les emballages que vous utilisez. En quoi et pourquoi les problématiques liées au développement durable sont importantes pour vous ?
Maxime : Ces problématiques sont pour nous primordiales, elles nous concernent tous et ses effets sont de plus en plus visibles. Il y a beaucoup de secteurs qui peuvent apporter des réponses aux problématiques environnementales. Nous sommes convaincus que l’alimentation est un des leviers les plus impactant, et nous avons tous la possibilité de l’actionner. La réduction de la consommation de viande peut faire diminuer drastiquement les gaz à effet de serre et l’utilisation d’eau. Notre mission est de faciliter la transition alimentaire de ceux qui le souhaitent en leur apportant des idées recettes, des saveurs nouvelles et une livraison à domicile. Pour nos livraisons nous utilisons des camions réfrigérés roulants uniquement à l’électricité ou au Biogaz.

3.  Tina : Quels ont été les challenges que vous avez rencontrés au moment où vous vous êtes lancés ?
Maxime : Il y en a eu beaucoup, et il y en a encore beaucoup aujourd’hui ! Il a fallu mettre en place la chaine logistique, trouver nos fournisseurs et trouver les fonds pour pouvoir se lancer. Pour cela nous avons fait un crowdfunding sur Ulule et nous avons presque atteint 200% de l’objectif.

4.  Tina : En France, la livraison de paniers de légumes / fruits frais est déjà proposée. Quels sont vos facteurs clés différenciant ?
Maxime : Effectivement, il existe beaucoup d’AMAP qui proposent des paniers de fruits et légumes frais livrés à domicile ou en point relais. Nous avons-nous même fait cette démarche avant de lancer les Popotes. Seulement nous nous sommes vite rendu compte que ce service ne nous correspondait pas totalement. L’obligation de s’engager sur une période donnée nous a contraint de résilier notre abonnement. De même, nous ne savions pas toujours quoi cuisiner avec le contenu du panier.
Du coup, nous avons créé un service de livraison de panier recette, qui est sans engagement, avec les recettes et tous les ingrédients nécessaires à l’élaboration des recettes dans les proportions nécessaires pour pas qu’il n’y ait de gâchis.

5.  Tina : Pensez-vous étendre votre entreprise dans d’autres régions, voire pays ?
Maxime : Nous avons commencé nos livraisons en ne livrant que Paris, aujourd’hui nous livrons partout en Ile-de-France. Nous aimerions beaucoup pouvoir nous implanter dans d’autres villes et régions car nous avons beaucoup de demandes. De même, faciliter la transition alimentaire dans d’autre pays est tout aussi important. La préservation de l’environnement n’a pas de frontière après tout, alors qui sait ?

6. Tina : Qui et qu’est-ce qui vous inspire ?
Maxime : Les grandes tablées, Georges Brassens, les tartes tatins, les livres de Bernard Werber,  rencontrer d’autres porteurs de projet et surtout mes associés.

7. Tina : Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur souhaitant lancer son entreprise, orientée sur les problématiques de développement durable ?
Maxime : Avec un peu plus de recul, la chose la plus essentiel à mes yeux, est de constituer une équipe complémentaire et surmotivée.

Pour tester et pour suivre les actualités des Popotes :
http://www.lespopotes.fr/
https://www.facebook.com/lespopotesfr/

DECROUVREZ HPC ET LEUR EARTH BAG !

Lors de mes voyages (notamment en avion), je me pose souvent la question du choix de sac que je vais emporter. En fonction de la politique des compagnies aériennes vous pouvez être autorisé(e) à transporter plusieurs sacs. Par exemple sac à main + bagage en cabine + sacs liés aux achats en zone duty-free ou seulement un seul et unique sac. Cela peut vite tourner au casse-tête. Pour le dernier cas, le principal défi est de gérer la combinaison du contenu de votre sac de travail (PC & co) et de vos affaires personnelles (tablette, livres et / ou magazines, passeport, etc.). Quel modèle serait plus pratique : un sac à dos ou un sac de sport ? Mais au-delà de ce Tetris® challenge, qu’en est-il  du développement durable ? Cumuler sacs et autres choses en général, est typique de notre société moderne de consommation. Nous achetons des choses et les cumulons dans les armoires, puis nous achetons des nouvelles armoires pour ranger toutes ces nouvelles choses et le cycle continue. Mais revenons au problème de la cabine voyageur. Les sacs Hamilton Perkins Collection peuvent être une solution. La marque propose des accessoires eco-fashion pour les voyageurs sensibles aux enjeux sociaux et environnementaux.

Je n’ai pas encore essayé leur sac, mais j’ai eu la chance d’interviewer son fondateur: Hamilton Perkins! Après votre lecture, vous serez surement comme moi : impatient(e) de tester et emporter leur sac ! Espérons que ce soit possible dès cet été !

coverHPC

Source: Hamilton Perkins Collection

 1. Tina Ly : Comment vous est venue cette idée?
Hamilton Perkins: Tout a commencé à cause d’un problème personnel que j’ai eu. J’étais un étudiant diplômé de William et Mary et j’ai eu l’occasion de voyager en Chine, en Grèce et en Espagne.
J’avais fait tout le travail préparatoire nécessaire pour mes cours et planifié nos rendez-vous avec des petites entreprises, et je suis allé m’acheter un sac à dos et j’ai remarqué que je ne pouvais pas trouver un sac qui pouvait répondre à mes besoins mais d’une manière socialement responsable. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que le marché n’avait en fait pas ce que je cherchais.
J’ai utilisé les ressources que j’avais pour évaluer le marché et comprendre le comportement des consommateurs. J’ai développé une thèse selon laquelle il y avait très peu d’attention accordée à la performance sociale et environnementale, la responsabilité et la transparence par les entreprises de bagages et accessoires.
Voyant que la plupart des entreprises ne servaient pas ce groupe de consommateurs qui attachent de l’importance à ces problématiques, j’ai alors travaillé sur l’élaboration d’une solution. Ma vision était de lancer une marque de mode et de lifestyle intégrée verticalement qui allait au-delà des produits qu’elle vendrait. Je voulais que cette entreprise incarne le sens du but. Je transforme maintenant des bouteilles en plastique en sacs chez Hamilton Perkins Collection ce qui a conduit notre société à gagner son statut Certified B Corporation®.

2. Tina Ly : Pourquoi les problématiques de développement durable comptent pour vous?
Hamilton Perkins: Notre mission sociale est notre principal moteur. L’innovation sociale est au cœur de ce que nous faisons et nous amène à continuer notre travail. Les américains jettent 35 milliards de bouteilles en plastique chaque année. En moyenne, un américain jettera plus de 185 livres (84 kg) de plastique par an.
La notion de responsabilité sociale des entreprises a évoluée au cours des dernières décennies, permettant aux entrepreneurs de saisir de grandes opportunités. Nous (les entrepreneurs) pensons que nous avons une mission forte pour développer le “mieux-être” social. Pour moi, cela signifie que nous pouvons ajouter de la valeur à nos produits pour nos clients et faire du bien à la société, en influençant sur le traitement et la prise de conscience de certains des problèmes les plus sensibles du moment.

3. Tina Ly : Quels sont les challenges que vous avez rencontrés lors du lancement de votre concept?
Hamilton Perkins: Au final, nous sommes une entreprise à but lucratif qui continue à faire des progrès dans la conception de ses produits. Parfois cela se fait au détriment de certaines choses, comme consacrer davantage de temps à apprendre de nouvelles choses chaque jour. Cela vous oblige à vous concentrer sur la prise de bonnes décisions   pour l’entreprise, la société et les parties prenantes. Le challenge est de rendre ces décisions pertinentes pour le client moderne, mais tout en considérant la façon dont la mode évoluera dans les 100 prochaines années.
J’utilise mon expérience pour résoudre les problèmes qui surgissent dans les opérations, les finances, etc. Cependant, même si j’ai l’expérience et un diplôme en marketing il y a encore des possibilités pour nous d’apprendre comment grandir plus vite et toucher plus de monde avec notre produit et notre message.

4. Tina Ly : Prévoyez-vous d’étendre l’accès à vos produits en dehors des États-Unis?
Hamilton Perkins: Oui. Nous prévoyons d’expédier nos produits dans le monde entier, en commençant avec le lancement de notre campagne Kickstarter. Nous avons étendu notre liste d’attente d’environ 700 personnes représentant 20 pays. Cela deviendra gratifiant quand nous commencerons à voir concrètement de notre travail dans le monde et que cela fera une différence.

5. Tina Ly : Qui et/ou qu’est-ce qui vous inspire(nt)?
Hamilton Perkins: L’inspiration peut venir d’un peu partout mais notre réalisation se rapproche d’un exercice de design par la pensée. Le design et la fonctionnalité sont les deux forces motrices derrière notre gamme de produits. Notre approche envers le design a été  centrée dès le premier jour sur le client. Nous sommes fiers d’aborder les problématiques de cette industrie du point de vue du client et d’apporter nous-mêmes une solution au changement que nous recherchions.
Nous avons créé un prototype et souhaitons trouver ce qui fonctionne pour le voyageur et également ce qui ne fonctionne pas. Nous pensons que l’expérience est extrêmement importante et peut être transformatrice en termes de valeur ajoutée pour le client.
Nous sommes impatient à l’idée de faire quelque chose qui n’existe pas et de voir les changements que cela pourrait provoquer. Pour nous, tout tourne autour des gens, et cela compte beaucoup pour nous s’ils nous font confiance pour le design du sac qu’ils portent. Je crois que l’empathie est un facteur qui nous distingue sur un marché où il y a tellement d’options et de choix.
Nous avons remarqué quelque chose au moment de la conception de notre sac Earth bag. Nous avons vu que la plupart des sacs disponibles sur le marché sont en « une dimension » et ne donnent pas au voyageur la possibilité de choisir la version la plus appropriée durant leur expérience du voyage.
Notre sac Earth bag est un sac tout-en-un qui peut se transformer en un sac à dos. En fait, nous aidons à économiser de l’espace de rangement et permettons au client d’acheter moins de sacs à long terme en combinant 2 designs en un seul.
Le sac Earth bag dispose également d’un compartiment à fermeture à glissière à 3 voies qui permet un accès facile aux ordinateurs portables, livres et documents de voyage. L’idée est que notre produit permet au client de consacrer plus de temps sur l’échange  avec les autres, se faire plus d’amis au cours du voyage, et avoir l’air bien tout en faisant le bien.

6. Tina Ly : Que conseilleriez-vous à un entrepreneur prêt à démarrer son entreprise orientée sur les problématiques de développement durable ?
Hamilton Perkins: Les entrepreneurs doivent encore naviguer à travers les problèmes traditionnels qui surviennent lors du démarrage d’une entreprise, en plus de la construction de leurs initiatives sociales. Commencez par vous focaliser sur le client et travailler à partir de là en marche arrière. Utilisez les nouvelles plateformes pour raconter votre histoire de manière à mettre en avant votre mission et vos valeurs fondamentales.
Voyez donc votre entreprise comme étant une entreprise qui communique sur tous les média possibles avant de la voir comme étant une entreprise responsable socialement.

HPC_Value-small

Source: Hamilton Perkins Collection

For news and behind the scenes:
Instagram.com/hamiltonperkins
Facebook.com/hamiltonperkins
Twitter.com/hamiltonperkins