Kerner Thaï : une 2ème édition dépassant les genres

Pour sa 2ème édition, le Gala Kerner Thaï a eu lieu au stade Pierre de Coubertin, le samedi 6 janvier 2018. Le combat tant attendu par le public était celui de Nong Rose Baan Charoensuk versus Akram Hamidi. Et oui, l’effet nouveauté suscite bien sûr l’engouement de bon nombre de personnes, puisque Nong Rose Baan Charoensuk est transgenre.

Avec un démarrage proche du désastre (e.g. retard plus long que la SNCF, le forfait de dernière minute de Johann Fauveau, Anouar El Karkouri marchant sur son adversaire Ludovic Hoareau donnant lieu à un no contest mais à une distribution de coupes, des problèmes avec la retransmission en direct sur L’Equipe), le gala s’est clôturé en me laissant un goût assez amer. Pourquoi ?

Le beau combat d’un transgenre, effacé par les « ring girls »
Toute la communication de ce gala s’est concentrée sur le combat opposant le transgenre Nong Rose Baan Charoensuk versus Akram Hamidi (Le Parisien, Le Huffington Post, L’Equipe, 20Minutes…). L’écran du stade diffusait en boucle des images extraites des entrainements de Nong Rose et d’Akram Hamidi. « Normal » me direz-vous puisqu’il s’agit du premier combat en France opposant un combattant transgenre à un combattant masculin. A tel point que le combat opposant Jimmy Vienot, le double champion du monde contre le Néerlandais Serginio Kanters (au lieu du Britannique Jordan Watson) très attendu par les amateurs de Muay Thaï n’a pas été vraiment promu.

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Ram Muay des combattants

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Quelques photos du combat Nong Rose Baan Charoensuk versus Akram Hamidi

Même si l’issue finale de cet affrontement inédit en France a été la victoire du Champion de France, Akram Hamidi, l’accueil de ce combat était également une victoire pour Nong Rose. Elle confiait à l’AFP être « heureuse d’être la première trans à combattre en France. Cela permet de promouvoir les trans, de montrer que nous valons autant que les autres. Nous ne sommes pas faibles ». Sur le ring, Nong Rose a en effet bien démontré qu’elle était forte et déterminée ! La décision finale a d’ailleurs été partagée parmi les jurés. D’après l’interview de Guillaume Kerner pour Muay Thaï Tv, une revanche pourrait être envisagée…

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Source: MUAY THAI TV

Toutefois, cet événement marquant me semble complètement effacé par les « ring girls » (jeunes filles très légèrement vêtue et ondulant du bassin dont le rôle principal est de présenter les pancartes indiquant le « round » (ou reprise)) présentes lors du gala. Même s’il s’agit d’une « tradition », le rôle tenu par ces « ring girls » n’aide en rien l’image des femmes véhiculée dans le monde de la boxe. Dommage que l’organisation du gala n’ait pas poussé l’originalité plus loin !

Une offre de restauration chère et loin des attentes « Smart & bio »
Dès l’entrée du stade, l’affiche « Smart & bio » donne envie et on se dit « Super ! Une proposition de buvette originale avec des produits sains et bio ! » Et bien non ! A moins que vous ne soyez dans la partie VIP. Les autres doivent se contenter d’une offre outrageusement chère, et des produits non bio. Dommage !

En espérant que la 3ème édition prévue sans doute en juin prochain, prenne bien note des loupés pour proposer un événement digne des 35 euros du billet d’entrée !