upcycling

Les ateliers d’Alice Oplatka ou comment réaliser des merveilles à partir de récup’ ?

Découverte lors de la Fête de la Récup’, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Alice Oplatka et connaitre un peu mieux son activité 😊. Nous nous sommes retrouvées à la Trockette, un café atelier, juste avant le début de son atelier de bijoux : créer des boucles d’oreilles à partir de chutes de cuir et de capsules Nespresso !

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Tous les outils pour créer !

Avec mes 35 minutes de retard 😅, je rentre d’abord à la Petite Rockette. Ne voyant pas Alice, je l’appelle, elle m’indique qu’elle est au café juste à côté et fait partie de la même association. J’apprends alors que le café la Trockette organise régulièrement des ateliers autour de la récupération de toute sorte mais aussi des activités type cours de yoga, expositions etc. pour tous ses membres et que la Petite Rockette est une ressourcerie avec un  magasin solidaire et des ateliers de sensibilisation à l’environnement.
Contente de voir que je porte l’une de ses créations autour du cou, j’ajoute même que je le porte régulièrement au bureau et que beaucoup l’ont trouvé très joli. Nous nous tutoyons, commandons nos limonades bios et commencent alors nos échanges !

Tina : Comment t’es venue l’idée de créer des bijoux ?
Alice : C’était il y a environ 8 ans, lorsque j’ai commencé à me faire mes propres bijoux fantaisies et que mes collègues ont commencé à m’en demander. J’ai alors créé des bijoux fantaisies pour d’autres personnes que moi-même, surtout sur la période de Noël. Mais je n’ai pas fait ça très longtemps, c’était plus un hobby.

Tina : As-tu toujours été dans les bijoux ?
Alice : Et bien non. J’ai commencé mes études avec une formation en modélisme. Etant donné que ce n’était pas facile de trouver des débouchés, j’ai poursuivi mes études en école de commerce. Je suis alors devenue acheteuse dans la grande distribution. J’étais responsable de l’approvisionnement des accessoires (des boutons, des zips, etc.) et des tissus. Tout ça m’a permis d’enrichir mon expérience et mes connaissances dans l’industrie du textile.

Tina : Et comment t’es venue l’idée de faire des accessoires à partir de recup’ ?
Alice : Après 10 ans dans le textile, j’ai suivi une formation en broderie dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Avec ma précédente expérience j’ai développé mon propre réseau. En plus de mon activité de freelance en broderie en haute couture, je fais du bénévolat depuis maintenant 2 ans dans une ressourcerie. Avec les autres bénévoles, nous trions les dons reçus. Cette ressourcerie organise des ateliers permettant ainsi de sensibiliser les gens aux problématiques de récupération. Ils cherchaient des nouveaux ateliers originaux et ils ont fait appel à moi. J’ai alors eu cette idée de faire des bijoux à partir de matériaux récupérés, notamment auprès d’industriels, et j’ai lancé mes ateliers en Septembre 2016. Grâce à mon réseau, je récupère les chutes de textiles, notamment des cuirs ; et j’ai des amis et anciens collègues qui me fournissent des capsules Nespresso, car je n’en consomme pas.
Tous les bijoux que tu as pu voir à la Fête de la Récup’, je les ai créés pour les ateliers. Ce ne sont pas des bijoux que je prévoyais de vendre. Pour le collier que tu as autour du cou, il est très long à faire ; il me prend environ 1h à 1h30 mais pour les participants au moins une demi-journée. Je ne fais pas cet atelier très souvent et il faut être assez manuel. Mon atelier maroquinerie a plus de succès, il attire plus de monde et il est plus accessible pour des débutants. Il intéresse aussi bien des hommes que des femmes.

Tina : Avec l’expérience, j’imagine que tu arrives à mieux mesurer les niveaux requis ?
Alice : Oui, comme ça personne ne part déçu de son projet. Ça demande beaucoup d’organisation ! Je fais des ateliers pour une ressourcerie, mais aussi ici dans ce café. J’en ai même fait un dans le cadre d’un team building.

Tina : Tu parlais de récupérer les chutes. J’imagine qu’il y en a beaucoup dans l’industrie du textile ?
Alice : Oui malheureusement ça fait partie du secteur : les découpes, les modèles etc. surtout avec le cuir. Réussir à minimiser les chutes n’est pas toujours évident. Mais tout ça se réutilise ! Ca demande de l’imagination et bien sûr du temps. Les chutes que j’utilise dans mes ateliers sont données dans le cadre d’un partenariat. Je sensibilise les industriels en leur disant que pour eux ce sont des déchets mais que pour d’autres c’est une ressource. Je les invite aussi à se tourner vers La Réserve des Arts qui fait la même chose. Ils récupèrent des déchets très divers, du bois, du métal, des présentoirs de magasins, du cuir, du tissu, des boutons, des fils etc. Ils les revendent à des professionnels au poids. C’est l’équivalent d’une ressourcerie mais en termes de matières pour les professionnels. Ils ont installé un atelier dans leur entrepôt pour que les matières puissent être testées par les professionnels.

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Alice et ses participantes en plein ouvrage 🙂

Tina : Avec tes ateliers, c’est vraiment top, parce que du coup tu transmets aux autres et en même temps tu sensibilises tes participants aux enjeux de développement durable. C’est quelque chose d’important pour toi ?
Alice : Oui en plus je voulais être prof ! Ça va faire maintenant 4-5 ans que je m’habille dans des friperies et ces sujets sont vraiment importants surtout aujourd’hui. Mon mode de vie du coup me permet d’avoir un emploi du temps où j’alterne mes projets en haute couture en période de collection, en dehors des périodes de collection j’anime mes ateliers avec la ressourcerie. Ces ateliers me permettent aussi de sensibiliser les participants sur le fait qu’il y a énormément de déchets dans les processus industriels.

Tina : Avec mon blog, j’essaie aussi de sensibiliser les gens sur ces enjeux sans culpabiliser ni moraliser, et en y mettant un ton plus fun, à travers des initiatives plus ludiques. Tu as d’autres projets en tête pour la suite ?
Alice : Concernant les ateliers j’ai rencontré quelqu’un lors de la Fête de la Récup’ qui m’a proposé de m’aider à mettre à jour mon site, je suis super contente. Sinon, avec une amie, on aimerait faire un vrai comparatif entre les 2 modes de vie : avec bio et sans bio. Pour ma part je ne suis pas 100% végétarienne avec ce projet on aimerait montrer aux gens que de bien manger ça ne coûte pas plus cher. Par exemple, acheter bio, de saison, de la viande de qualité plutôt que des trucs moins chers ça ne revient pas plus cher. Et ce qui compte c’est de faire des petits gestes ! Tout compte et on ne sera jamais à 100% zéro déchet.

Tina : Les premières participantes arrivent…
Alice : Oui je vais installer le tout ! Tu peux venir si ça te dit !

Tina : Avec plaisir !

Lien utile : L’Atelier Oplatka sur facebook

 

De la récup’ dans le Marais !

Le quartier du Marais est connu pour : son ambiance et ses boutiques « in » ouvertes le dimanche, ses glaciers (❤pour Pozzetto et le combo Fior di latte et gianduja), ses boulangeries (❤ pour les strudels au pavot et pommes/pavot de chez Murciano), ses queues infinies devant les restaurants de fallafels 😱. Mais en ce dimanche ensoleillé ☀ à Paris (!!), il y avait la fête de la récup’ !

On connait mieux le terme anglophone « upcycling » que « réemploi », mais le concept est bien là 🙂! D’après la petite brochure REFER (Réseau Francilien du Réemploi) que l’on m’a distribué sur place, j’ai appris qu’« entre 2012 et 2014, le nombre de structures de réemploi en France a augmenté de 30% ». C’est assez bon signe 🤗!

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Plan de la fête de la récup’

Organisé par le REFER, la Halle des Blancs manteaux accueillait les 17 et 18 juin : La fête de la récup’ ! A l’intérieur, comme à l’extérieur il y avait tout un programme ! Des stands où l’on pouvait se procurer des livres 📚, des vêtements 👖👕👚, des accessoires créés à partir de matériaux récupérés et/ou recyclés, et tout plein de panneaux à destination des visiteurs pour les sensibiliser aux enjeux du développement durable : enjeux environnementaux, économiques et sociaux !

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Messages instructifs 🙂

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Accessoires proposés par La Réserve des arts

On pouvait également discuter avec des acteurs de ressourceries et de recycleries (note : les ressourceries et les recycleries sont des structures associatives qui collectent, réparent, transforment et redistribuent des objets dont les propriétaires souhaitent se défaire. Alliant action sociale et environnementale, elles œuvrent pour l’intérêt général, en faveur d’une évolution des comportements. Au sein de ces structures on trouve divers modèles : atelier chantier d’insertion (ACI), entreprise d’insertion, structures d’emplois pérennes, ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail), etc.)
A l’extérieur, il y avait des minis concerts, des défilés, des ateliers pour préparer des soupes, des bijoux en tissus etc.

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Ateliers extérieurs

J’ai bien sûr craqué 😅 pour un bijou en matériaux réémployés de L’Atelier Oplatka. Alice Oplatka, la créatrice, réalise des accessoires et des bijoux à partir de matériaux récupérés et/ou recyclés depuis 2011. Elle anime également des ateliers DIY à partir de matériaux récupérés au sein d’associations depuis septembre 2016.

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Pôle des artisans avec les créations de L’Atelier Oplatka

Focus sur le REFER
Créé en janvier 2014, le REFER est un réseau régional composé de trente associations (ressourceries et recycleries). Il accompagne le développement du secteur du réemploi sur un mode coopératif et mutualiste. Il contribue ainsi à une initiative collective qui œuvre auprès des acteurs publics et sectoriels. Le REFER est un outil collectif qui :
 - structure un réseau d’acteurs installés
 - soutient les porteurs de projets émergents, de l’idée à la mise en œuvre
 - ouvre des espaces de sensibilisation à l’action des acteurs du réemploi, et plus largement d’éducation à l’environnement

Le REFER construit une vision non lucrative et non concurrentielle du réemploi. Une vision où action sociale, solidarité et environnement sont intrinsèquement liés.

 

WHEN DESIGN CONVEYS SUSTAINABILITY MESSAGES

Beyond being a simple object, a product is the result of a design or is contained in a designed packaging. At Cannes Lions, Graphic Design, Digital Design, Environmental Design, Packaging Design and 360 Brand Experience is rewarded under the Grand Prix Design. Here, design is rewarded as “an aid in communication and experience to inform brand ethos and product messages”. Let’s have a look at how design and artists use their talents to convey sustainability messages.

Design at Cannes
Over the two last years, Serviceplan Munich won consecutively the Grand Prix Design of Cannes Lions for designs of sustainability reports. In 2012 the Grand Prix Design was given to the Austria Solar 2011 annual report, which could be read under sunlight only. In 2013, the Prix was awarded to “The selfscan report” of Auchan.

Change packaging = change brand image?
In 2011, with Ecohols the designer Jörn Beyer has redefined the packaging of famous spirit brands: from glass bottles to cartons. Here, the designer points out a very important question: is the brand’s perception towards its consumers change, and in which manners? Decision to go for more sustainable packaging is a real challenge for brands; the customer’s experience is changed and consequently the brand’s perception. Who are ready to take such challenges? Maybe reconsideration of packaging as mere container is a possible solution?

Source: Ecohol

Source: Ecohols by Jorn

Rethinking the packaging as an entertaining media
Have you ever experienced lonely meals? Or maybe avoided them? A simple tête-à-tête between you and your sandwich or meal… The most courageous of us may use their smartphones or tablets with the risk of pouring any kind of sauce or beverage on it. Jonathan Safran Foer has launched the lonely meal saver, without any risk for our electronic devices! All Chipotle cups and bags are now filled in with drawings and original texts from famous authors: Toni Morrison, Malcolm Gladwell, Sarah Silverman, Michael Lewis, Bill Hader, Judd Apatow, George Saunders, Steven Pinker, Sheri Fink and Jonathan Safran Foer himself. The packaging itself becomes a nice story support that can be whether shared with family and friends or enjoyed alone. Besides, “Cultivating Thoughts” give us another perspective of what we thought was just a container or the packaging of a sustainable fast food; it is also a media for entertainment.

Source: Chipotle Cultivating Thought
Source: Chipotle Cultivating Thought

Trendy design = upcycling design!
Today’s designers seem to follow more and more the path of upcycling, using waste to create amazing things. Reuse waste material enables to reduce the use of new raw materials, and thus reduce the impacts on the environment and in some cases – such as mining activities – social impacts.  Here are some examples that have been presented on The Guardian.

Source: The Guardian

Source: The Guardian

Source: The Guardian

Source: The Guardian

Source: The Guardian

Source: The Guardian

What about other artists?
Beyond artist designers, other artists have used in many occasions their talents to convey sustainability messages by showing how our current world is and push us to step back and think about it. The work of the Chinese artist Yao Lu, exhibited in 2011 at Istanbul Modern, denounced the ongoing-overwhelming pollution. He used his mounds of garbage photographs and reworked them by computer to re-create Chinese painting aesthetics.

Facing the reality is also the best way to convey and raise awareness about what surround us. What better than photos to do so? Created in 2008, the Prix Pictet is the global award in photography and sustainability covering the themes of consumption, power, growth, earth and water. The purpose is to uncover and reveal the biggest social and environmental challenges of today. To have a look to winners and shortlisted photographs, you can visit http://www.prixpictet.com/.

Art is great to raise awareness about sustainability issues; from design to art exhibition, a way to communicate our today’s challenges to people.  Brands’ role might be to reconsider all these talents to rethink packaging, design and communication?